Les processus de socialisation français et américain ou "pourquoi je n'ai pas d'amis et j'ai fini par trouver ça normal."
Au bout de 9 mois il serait temps de vous faire partager ces quelques réflexions, et je remercie tous ceux avec qui j'en ai discuté (au Canada, en Chine, à Chicago, au Japon, en France...) pour m'avoir permis d'affiner cette analyse et d'exprimer le sentiment diffus qui m'habitait.
Le processus de socialisation repose sur les bases théoriques qui sous-entendent l'interaction entre les individus dans la société.
Dans le cas français, aller vers l'autre est motivé par la construction possible d'une interaction durable et mutuellement fructueuse. En pratique, le français n'adresse pas la parole à ceux qui ne sont pour lui pas digne d'interêt, c'est à dire qu'il ne sera pas amenmé fréquenter, revoir, bref, qui n'entrera pas dans une relation mutuellement fructueuse. Cas pratique : la classe de lyçée, la conférence de méthode ou le TD : le français ignor sciemment certaines personnes dans la salle tout en concentrant ses efforts sur un nombre variable d'autres. "je ne le capte même pas".
Le français chercher donc à créer.
"Je ne le capte même pas !"
L'Américain ne partage pas cette approche. L'Américain vit dans une société qui valorise l'action, et de fait son processus de socialisation est dominé par la tâche à accomplir. Il interagit avec ses semblables lorsque ceux ci partagent la même tâche principale, coopérant dans le but d'accomplir cette action. En pratique, l'Américain coopère volontiers dans le cadre de la classe car la tâche partagée parles classmates est "suivre la classe". Une fois celle ci terminée, chacun repart de son côté avec la satisfaction de l'action accomplie, terminant ainsi la période précédente d'interaction et de coopération.
Dès lors vous l'aurez compris, la rencontre entre le français constructeur et l'américain "faiseur" se fera au détriment de la compréhension entre les deux rives de l'Atlantique : pour le français, l'américain sera un vrai faux-cul.
Quoi de plus anormal en effet, du point de vue français que d'interagir fortement pendant une période donnée avec un américain, puis que cette relation qui était en train de se construire, s'effondre une fois la cloche sonnée (exemple de la classe). Quoi de plus anormal aussi, que d'avoir à engager la conversation avec le personnel d'un restaurant ou avec un caisssier alors qu'on est pas amené à les revoir, que la relation future mutuellement profitable est loin d'être prouvée et qu'on ne fait que partager une tâche à un moment donné (servir un repas / payer les commissions) ?
Effectivement, du point de vue français, l'américain est un faux cul. Il convient cependant de se demander comment l'américain se socialise au sens fort, c'est à dire comment se fait il des amis.
Comme on l'a vu plus haut c'est la tâche partagée qui conditionne la socialisation américaine, par conséquent -et un rapide tour d'horizon le confirme très aisément par l'expérience- le meilleur moment pour se faire des amis est au moment où.... la tâche à accomplir est "se faire des amis" !
En pratique, cette tâche est assignée à certains moments ou lieux, comme les 'dorms" des universités, les réunions des fraternités, l'après-Messe, voir l'un des innombrables services de "dating" !... Prenons garde à ce moment de préciser qu'un Barbecue ou une réunion de collègues d'entreprise ne saurait être considéré comme une période de socialisation forte que si la tâche à accomplir est bien determinés dès le départ, au risque que celle ci ne soit "manger un barbecue" ou "passer du temps avec les collègues pour être plus efficaces ensemble par la suite".
Un autre élément qui joue en la défaveur du français mais dont il se débarasse relativement facilement est le doute négatif : il faut gagner l'amitié du français, en s'en prouvant digne. On devient amis, on ne l'est pas au départ, après avoir fait ses preuves.
L'américain pendant la période de coopération pourra se montrer extrêmement amical, en vertu de la règle du doute positif qui sous-tend son approche de nouvelles expériences, c'est à dire qu'il donne sa confiance et attend d'être déçu.
Bien entendu cette différence d'approche des nouvelles expériences peut en partie expliquer les problèmes de l'emploi des jeunes en France, mais là n'est pas le sujet.
Au final, le pauvre français échoué aux Etats-Unis et n'ayant pas d'accès direct à des périodes de socialisation déclarées peut se sentir très très seul.
Et ce n'est pas au feu rouge qu'on se fait des amis dans un ville comme Los Angeles, mais cela c'est encore une toute autre histoire.
Le processus de socialisation repose sur les bases théoriques qui sous-entendent l'interaction entre les individus dans la société.
Dans le cas français, aller vers l'autre est motivé par la construction possible d'une interaction durable et mutuellement fructueuse. En pratique, le français n'adresse pas la parole à ceux qui ne sont pour lui pas digne d'interêt, c'est à dire qu'il ne sera pas amenmé fréquenter, revoir, bref, qui n'entrera pas dans une relation mutuellement fructueuse. Cas pratique : la classe de lyçée, la conférence de méthode ou le TD : le français ignor sciemment certaines personnes dans la salle tout en concentrant ses efforts sur un nombre variable d'autres. "je ne le capte même pas".
Le français chercher donc à créer.
"Je ne le capte même pas !"
Dès lors vous l'aurez compris, la rencontre entre le français constructeur et l'américain "faiseur" se fera au détriment de la compréhension entre les deux rives de l'Atlantique : pour le français, l'américain sera un vrai faux-cul.
Quoi de plus anormal en effet, du point de vue français que d'interagir fortement pendant une période donnée avec un américain, puis que cette relation qui était en train de se construire, s'effondre une fois la cloche sonnée (exemple de la classe). Quoi de plus anormal aussi, que d'avoir à engager la conversation avec le personnel d'un restaurant ou avec un caisssier alors qu'on est pas amené à les revoir, que la relation future mutuellement profitable est loin d'être prouvée et qu'on ne fait que partager une tâche à un moment donné (servir un repas / payer les commissions) ?
l'américain : un vrai faux cul ?
Effectivement, du point de vue français, l'américain est un faux cul. Il convient cependant de se demander comment l'américain se socialise au sens fort, c'est à dire comment se fait il des amis.
Comme on l'a vu plus haut c'est la tâche partagée qui conditionne la socialisation américaine, par conséquent -et un rapide tour d'horizon le confirme très aisément par l'expérience- le meilleur moment pour se faire des amis est au moment où.... la tâche à accomplir est "se faire des amis" !
En pratique, cette tâche est assignée à certains moments ou lieux, comme les 'dorms" des universités, les réunions des fraternités, l'après-Messe, voir l'un des innombrables services de "dating" !... Prenons garde à ce moment de préciser qu'un Barbecue ou une réunion de collègues d'entreprise ne saurait être considéré comme une période de socialisation forte que si la tâche à accomplir est bien determinés dès le départ, au risque que celle ci ne soit "manger un barbecue" ou "passer du temps avec les collègues pour être plus efficaces ensemble par la suite".
Un autre élément qui joue en la défaveur du français mais dont il se débarasse relativement facilement est le doute négatif : il faut gagner l'amitié du français, en s'en prouvant digne. On devient amis, on ne l'est pas au départ, après avoir fait ses preuves.
L'américain pendant la période de coopération pourra se montrer extrêmement amical, en vertu de la règle du doute positif qui sous-tend son approche de nouvelles expériences, c'est à dire qu'il donne sa confiance et attend d'être déçu.
Bien entendu cette différence d'approche des nouvelles expériences peut en partie expliquer les problèmes de l'emploi des jeunes en France, mais là n'est pas le sujet.
Au final, le pauvre français échoué aux Etats-Unis et n'ayant pas d'accès direct à des périodes de socialisation déclarées peut se sentir très très seul.
Et ce n'est pas au feu rouge qu'on se fait des amis dans un ville comme Los Angeles, mais cela c'est encore une toute autre histoire.


5 Comments:
At 9:39 PM,
shimonsan said…
Un jour je te raconterai comment ça marche ici... Enfin comment je perçois les choses en ce moment...
Etre français à l'étranger, c'est avant tout vouloir affirmer son identité chauvine, enfin je crois...
At 12:51 AM,
tantine said…
Au delà de quelques maladresses de style et d'orthographe (tu te relaches) ton analyse est excellente surtout la partie sur le doute positif et le doute négatif. Les Américains ne sont pas faux culs il pensent différemment le relationnel. Celui -ci n'est qu'une façon de faire des choses ensemble de façon plus détendue et plus joviale. L'accueil dans un magasin ou un resto est typique : chaleureux, presque intime alors qu'il s'agit de lancer une relation de marché.
De même tu verras une fois entré en France que des gens que tu as vus tous les jours, avec qui tu avais pris l'habtude de partager un café ne se manifesteront plus, peut-être même ne répondront même pas à tes mails, parce que tu seras sorti du jeu ici et maintenant. N'en déduis pas que ce sont des faux culs, si tu réapparais un jour, tu seras accueilli comme si tu étais parti la veille, invité à des parties et tu reprendras facilement ta place, aussi peu intime soit elle.
Je croids que ceci est du à plusiseurs caractéristiques de la vie sociale amériazine : ils déménagent tout le temps et n'ont pas de temps pour des relations à long terme, pour socialiser ils vont à l'église et à la vie de la paroisse, et je crains que tu ne t'y sois pas beaucoup montré, enfin dès leur plus jeune âge on leur apprend à réseauter au sens pas désagréable du terme, ce qu'ils font superficiellement. Les vrais amis sont longs à se faire aux US mais c'est possible j'ai accumulé là bas une presque seconde famille, et trois vraies amies à qui je n'écris presque jamais mais qui m'accueillent chaque fois que j'y vais et qui m'ont fait à plusieurs reprises la preuve de leur amitié. ne serait-ce que ta patronne !
At 5:52 AM,
Quentin said…
Et sinon ton mémoire ça avance?
At 6:31 PM,
Anonymous said…
Greets to the webmaster of this wonderful site. Keep working. Thank you.
»
At 9:13 PM,
Adrien Pesle said…
Je trouve que tu assez raison. Cela fait maintenant plus de 10 jours que je suis à UVA en Virginie et en dehors du fait de partager des intérêts communs immédiats il est plus que compliqué de réussir à entrer en contact avec des américains. Ton analyse de la perception du relationnel chez les américains est assez pertinente.
A + et bonne chance pour la suite.
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